Leroy Merlin développe sa propre communauté de Makers

Nous partons à la rencontre de Julien Ignaszewski, directeur du Techshop Leroy Merlin de Lille. Il nous parle de cette communauté riche et vivante : les Makers. Regroupés au sein d’un atelier collaboratif, de 7 à 77 ans, ils viennent construire, innover et surtout échanger dans un lieu convivial qu’est le Techshop.

Comment est né le concept Techshop ?

L’idée a vu le jour aux Etats-unis, plus précisément à San Francisco. Jim Newton en est à l’origine, il était bricoleur indépendant et toutes ses idées prenaient place chez lui, donc dans un environnement assez restreint. Il a donc décidé de mettre en place un atelier, tout d’abord ouvert à ses amis et ses proches. Puis au fur et à mesure, à d’autres communautés, beaucoup plus variées. Le fonctionnement étant le même que pour un club de gym, à la journée, hebdomadaire ou mensuel. Il s’agit d’un concept important en taille et en moyens. La particularité même de ces ateliers se trouvent dans leurs grandes dimensions.

On compte une dizaine de Techshop aux Etats-unis, ainsi que deux à l’étranger, à Tokyo et Abou Dabi. Aujourd’hui l’idée se développe en France. Il y a deux ans, nous ouvrions un atelier à Paris-Ivry, et celui de Lille s’est implanté en avril 2017.

Quelles sont les conditions pour y avoir accès ?

On peut choisir d’être membre ou de ne pas l’être. Nous laissons une possibilité pour tout à chacun, de tout âge, la limite étant de 8 ans pour les plus petits.  Nous avons un catalogue d’offres pour accéder à des formations. Par exemple, nous proposons des formations en imprimante 3D ou en découpage jet d’eau. Ces machines ne sont, en général, pas mises à disposition des particuliers, notamment pour découper du métal très épais. Au Techshop, en 4h vous pouvez donc être parfaitement formé sur ce type de machine. Des ateliers sont également mis en place pour fabriquer un objet et repartir avec par la suite. Nous avons récemment proposé un atelier de fabrication de table en bois design.

Vous êtes donc ouverts à tous, particuliers comme professionnels ?

Nous ne faisons pas de différence entre les particuliers et les professionnels. Les offres que nous proposons sont ouvertes aux deux profils. La richesse du Techshop se trouve dans la communauté diversifiée qu’il regroupe. Cela peut être un retraité de quartier qui vient construire un meuble ou un enfant qui vient fabriquer un objet lumineux. Nous accueillons également les start-up que nous accompagnons et coachons dans leur projet. C’est un lieu de rencontres improbables.

Quels sont les principaux objectifs de l’ouverture de cet atelier collaboratif ?

Nous souhaitons faire savoir que tout le monde peut se lancer. Certes, en arrivant au Techshop on a tendance à être impressionné par la taille du bâtiment. Il y a énormément de machines et cela peut être intimidant. Mais finalement on y rencontre une dizaine de coachs et les machines ne sont pas compliquées à utiliser et facilement accessibles.

L’équipe est là pour former et accompagner les projets présents et futurs.

Alors certes des coachs sont présents, cependant bien souvent on se fait aider par d’autres membres. Finalement on vient plus pour aider les autres que pour travailler sur nos projets personnels. Il y a donc un objectif important de partage. D’autre part, les utilisateurs viennent pour faire quelque chose qu’ils ne peuvent pas faire ailleurs. Habituellement on ne trouve ce type de machines qu’en usine. Aujourd’hui nous les rendons accessible à tous.

Un exemple d’entreprise ou de particulier que vous avez suivi ?

Nous avons accueilli des designers de chez La Poste qui devaient parallèlement élargir leur équipe. Grâce au Techshop et au partage d’idées et de compétences, ils ont trouvé leur nouveau membre. C’est ici que réside la magie de cet atelier collaboratif, on peut y trouver des associés. Certains ont même monté leur boîte ensemble par la suite.

Comment décririez-vous l’ambiance au sein du Techshop ?

C’est un lieu très convivial avec une cuisine commune, du café gratuit et à volonté.  On y trouve également un espace de coworking pour favoriser les échanges et le partage. Grâce à cette mise en place, les gens se tournent naturellement les uns vers les autres. Bien sûr, certains préfèrent travailler en autonomie dans leur coin mais bien souvent on s’intéresse aux autres et on échange des avis. Tous les premiers mercredis du mois, nous organisons une soirée d’échange sur les projets de chacun autour d’un pot.

Comment définiriez-vous la communauté que vous réunissez ?

Au sein de notre société, nous aimons bien dire que la communauté des ateliers est inclassable. Cependant toutes ces personnes ont un point commun, ils ont l’oeil qui brille. Ils se retrouvent tous autour d’un certain nombre de valeurs. Ils préfèrent réparer plutôt que de jeter et fabriquer eux-mêmes plus que d’acheter. Et forcément, ils ont l’envie de partager avec d’autres membres. Les “makers” s’intéressent aux objets, ils sont autonomes et libres dans les chemins qu’ils prennent.Pour finir, je dirais que notre communauté est optimiste sur l’avenir et regroupe des passionnés et des curieux.  

Les projets de chacun se font dans le respect de l’environnement et des solutions économiques pour le futur.

Et les réseaux sociaux dans tout ça ? 

Globalement, nous utilisons tous les vecteurs et réseaux sociaux. À travers eux, nous souhaitons nous rapprocher des communautés du fer et des entrepreneurs indépendants.

Notre communauté Facebook est assez importante. Les gens sont intéressés par ce que l’on propose. Nous avons d’ailleurs récemment organisé des journées portes ouvertes durant lesquelles nous avons accueilli 3500 personnes sur 3 jours.

Avez-vous des projets futurs pour le Techshop de Lille ?

Ce que l’on fait est unique. Cela n’existe pas ailleurs, ou très peu. Nous sommes donc dans un perpétuel projet de recherche et de développement. Nous avons tout un tas de convictions et idées qui viennent sur le moment. Nous tentons des expériences, comme par exemple de nouveaux ateliers de céramique qui n’existent pas à Paris. Par la suite, nous verrons si cela fonctionne ou pas. Le concept se rapproche du monde éducatif, nous sommes d’ailleurs en partenariat avec l’université catholique de Lille et nous mettons en place des enseignements autour de la fabrication 3D. Pour ce faire, nous avons écouté les écoles sur leur besoin. Nous nous adaptons à l’environnement et aux propositions. Nos projets débordent des cartons, il y a encore un an, je n’aurais jamais cru que nous en serions là où nous en sommes.

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