Les néo-artisans ou l’intelligence de la main

Après la fuite des cerveaux à l’étranger le fameux phénomène du « brain drain », voici la fuite des « bullshit jobs ». L’histoire de ces jeunes diplômés, fraîchement sortis de Business School ou d’écoles d’ingés, pour la plupart déjà dans la vie active en tant que jeunes cadres, en CDI, avec un salaire confortable (pour les plus chanceux)… Ils décident de prendre leur vie en main en se rapprochant du produit final, pour devenir fromagers, cavistes, luthiers, ébénistes, chocolatiers etc. Et de donner du sens à leur travail. 

La révolte des 1ers de la classe

La revue Socialter décrit très bien ce phénomène dans son dernier numéro du mois de mai. Ce n’est pas nouveau, mais de plus en plus de jeunes sont en reconversion pro. Ils sont clairement dans une forme de rejets des différents process imposés par les grands groupes et des missions chronophages souvent confiées lorsqu’il s’agit de votre premier job.

C’est à la fois le rejet des métiers « à la con », et l’adhésion à une nouvelle façon de faire. Ouvrir sa propre boutique, passer par des circuits courts, satisfaire l’un de nos besoins primaires : se nourrir… Le besoin de revenir à des métiers très concrets, pouvoir observer le résultat direct d’une action, être en contact avec les clients. Ces raisons viennent en opposition à ce que proposent les entreprises vers lesquelles les diplômés devraient se tourner naturellement : une ascension interminable pour gravir les échelons, des process de plus en plus éclatés, des journées entières derrière un écran qui vous abîme les yeux.

Une réalité ou une simple bulle Parisienne ?

C’est clairement un phénomène qui émerge partout dans le monde, dans les grandes villes du monde certes, mais il ne s’agit pas d’un cas isolé. On dit souvent que Brooklyn est la Mecque, le lieu de naissance de ce mouvement des néo-artisans. C’est un retour au local et aux bons produits, mais il ne faut pas y voir une concurrence directe aux artisans déjà bien ancrés dans un marché qui peine à tirer son épingle du jeu face aux géants de la grande distribution. Ils s’adressent à une clientèle jeune, aisée, qui sont eux aussi à la recherche de plus d’authenticité et sensibles à ce nouveau marketing.

Comment devenir néo-artisan ? 

Vous êtes passionnés ? Vous savez, ce petit projet qui vous trotte dans la tête depuis toujours, cette petite voix qui vous pousse à vous lancer. Il faut avoir une réelle appétence pour un produit. Mais cela ne suffit pas, à mon avis, il faut aussi incarner cette vague qui déferle sur nos grandes métropoles. L’incarner signifie savoir raconter votre histoire, raconter l’histoire de vos produits, vous ne devez pas être vendeur mais plutôt ambassadeur de votre future épicerie. C’est avant tout un parti pris, décider de consacrer vos journées à un produit pour satisfaire une clientèle qui aura cette même passion pour ce produit.

Si cet article vous a plu et que vous souhaitez en savoir plus sur les communautés, suivez-nous sur les réseaux sociaux ou abonnez-vous à notre Newsletter !

Et si on redonnait du sens à notre quotidien ? Je vous partage ici des sujets qui me passionnent !